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Production en baisse, prix en hausse

La montre, symbole de statut, se substitue de plus en plus à sa fonction première : afficher l’heure. d’où une montée en gamme et une polarisation du secteur.

Watches and Wonders, devenu le principal salon horloger mondial après la disparition de Baselworld en 2020, confirme une mutation profonde du secteur. Le très haut de gamme continue de se hisser vers toujours plus de luxe, avec une profusion de métaux précieux, de sertissages et de complications sophistiquées, mais pas nouvelles pour autant.

 

Les grandes marques misent désormais sur la désirabilité et la valeur perçue, parfois entretenues par des stratégies de rareté organisée. À cela s’ajoute un storytelling de plus en plus travaillé, valorisant à la fois l’histoire des maisons et le statut social de leurs clients. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat d’une clientèle fortunée tend à primer sur la passion et l’expertise des collectionneurs, pourtant garants de la reconnaissance du savoir-faire horloger suisse.

 

Les nouvelles tendances en horlogerie ne sont donc plus exclusivement axées sur des découvertes techniques ou des trouvailles formelles, mais sur des clientèles ciblées – notamment autour du luxe sportif -, sur de nouveaux modes de distribution comme les boutiques immersives, et sur des évolutions structurelles du marché. Le segment intermédiaire s’effritant, il accentuera à terme, une polarisation entre entrée de gamme et très haut de gamme.

 

S’élargissant d’année en année, Watches and Wonders 2026 (65 exposants) a mis en avant les tendances du moment : montres à deux ou trois aiguilles, pièces extra-plates, mouvements squelettes, inspirations vintage et formats plus compacts. Les modèles tendent à devenir non genrés, tandis que la couleur s’impose comme élément distinctif. Sur le plan technique, les chronographes et calendriers perpétuels dominent, le tourbillon conserve son pouvoir d’attraction, et les métiers d’art gagnent en visibilité.
Quant aux matériaux, le titane, l’acier et la céramique s’imposent durablement.

Sur le plan économique, le secteur fait l’objet d’analyses suivies, notamment par Morgan Stanley qui dresse chaque année un rapport à l’usage de ses investisseurs. Fait notable, le Swatch Group a récemment contesté publiquement ces analyses, notamment en raison de classements jugés discutables, une position également soutenue par Tudor. Ces rapports reposent certes sur des estimations, tandis que les données précises des marques de grands groupes restent souvent confidentielles.

 

Selon la Fédération de l’industrie horlogère suisse, les exportations ont atteint 6,2 milliards de francs suisses au premier trimestre de l’année, en hausse de 1,4 %. Toutefois, certains marchés comme la Belgique enregistrent un net recul (-24,5 %). L’année 2025 avait marqué une deuxième baisse consécutive des exportations (-1,7 %), accompagnée d’une diminution du volume de pièces. Dans ce contexte, la croissance du haut de gamme semble désormais davantage portée par l’augmentation des prix que par celle des volumes. Une tendance difficile à contester.