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Bijouterie Jan Maes

Dans le secteur de la bijouterie/horlogerie, Jan Maes est un nom bien connu. Aujourd’hui, Maxime Heinderson, représentant la 4e génération, est fin prête à tenir la barre de l’entreprise familiale. La jeune femme est déterminée à perpétuer la philosophie maison : « Une bijouterie familiale qui propose de précieux souvenirs pour chaque moment de la vie ».

La prochaine génération : Maxime Heinderson

Toute jeune déjà, elle a marqué de l’intérêt pour la maison familiale. C’est aussi ce qui a guidé son choix d’études. Maxime a d’abord été en option latin, avant de s’orienter, en 4e année, vers l’économie, l’incitant à suivre des cours pendant les vacances, afin d’affermir son choix pour la 5e. Après le secondaire, sa filière universitaire était toute trouvée : Sciences économiques appliquées. Un choix idéal pour elle qui comptait bien reprendre, plus tard, la bijouterie de ses parents. À l’Université d’Anvers, Maxime Heinderson décroche un master en “stratégie & organisation”. Pendant son cursus, elle a souvent mis à profit les mois d’été pour apprendre le métier et durant son année de mémoire, elle a remplacé trois jours par semaine, pour aider sa mère, son assistante en congé de maternité. Une intégration réussie, quasi à plein temps, tombait à pic après ses études ! C’était il y a dix ans déjà.

Donner du temps au temps
Un petit retour historique s’impose pour éviter toute confusion entre les deux branches familiales. Jusqu’en 1958, Jan Maes, l’arrière-grand-père, a fait du commerce de gros dans l’or, avant d’ouvrir une bijouterie à Willebroek. Son fils – qui porte également le nom de Jan Maes – le rejoint comme horloger. Ensuite, en 1986, sa fille An Maes (la 3e génération) ouvre avec son père Jan une autre boutique dans l’actuel Waasland Shopping Center. Vous suivez toujours ? En 1997, nouvelle ouverture, cette fois à Wijnegem : Shop Eat Enjoy. La boutique du Waasland Shopping rencontre un tel succès que, deux ans plus tard, une enseigne fashion lui est associée, “Maes On Time”. Enfin, en 2019 une troisième Jan Maes s’installe dans la très passante Kapellestraat à Ostende. À noter qu’une autre branche de la famille est active à Willebroek, et a ouvert également à Malines.

Ses études achevées, Maxime Heinderson s’implique où l’on a besoin d’elle, c’est-à-dire à Saint-Nicolas – où se trouve le premier magasin en termes d’importance – avant d’approfondir l’art de l’achat pour les autres adresses familiales. « Les achats sont un domaine complexe, et j’avais beaucoup à apprendre, reconnaît-elle. Au départ, par manque d’assurance on court le risque de trop se fier à ses propres goûts au moment de la sélection. Heureusement, j’avais à mes côtés ma mère qui a 30 ans d’expérience. On m’a laissé le temps de mûrir et de prendre les choses en main, ce qui nous a permis de baser nos achats sur une solide infrastructure IT. » Patrick, le père, assure le volet financier. « Un autre défi consistait à avoir une bonne vue d’ensemble des achats, ainsi que de la gestion de nos affaires », enchaîne Maxime.

Adoubement et gage de confiance

Savoir prendre son temps aux moments de transition : tel a été le facteur clé pour assurer la pérennité de la jeune femme au sein de l’entreprise. « Le fait que mes parents m’aient fait confiance et que je sache qu’ils étaient là au cas où j’avais besoin de les consulter, c’était fondamental dans ma préparation, se réjouit-elle. Il y a toujours eu une très bonne interaction entre nous, même si dès le départ il était clair qu’ils ne comptaient pas prendre leur pension anticipée… Maintenant qu’ils me laissent nettement plus de liberté – pour que je devienne autonome – je peux et je dois me lancer. »

 

La bijouterie Jan Maes compte 35 employés et cela aussi fait partie de la gestion d’entreprise. « Nous avons notre propre DRH, car tout cela implique pas mal de travail et de suivi. » L’adoubement de Maxime par les équipes a, lui aussi, été soigneusement préparé. « Tout le monde savait que je reprendrais l’affaire et cela faisait des années que les équipes me voyaient, surtout pendant les périodes très chargées, précise Maxime. Quand le passage de relais a été communiqué lors d’un petit déjeuner, la nouvelle a été très bien reçue. Pour tout le monde, c’était synonyme de continuité. » Il faut dire que Maxime a un grand sens des responsabilités, tant vis-à-vis des collaborateurs qu’en matière de finances. « Il faut être attentif car, dans les deux shopping-centers, les loyers sont très élevés et les horaires élargis exigent le double de personnel. Nous proposons une soixantaine de collections et devons veiller de près à la rotation de l’assortiment, à sa pertinence pour nos points de vente, etc. Et il faut oser remettre en question les articles qui se sont moins bien vendus. »

Un secteur exigeant… qui a de l’avenir

« Notre secteur est exigeant et il n’est pas rare que nous voyions d’autres enseignes arrêter par manque de suivi, remarque Maxime. La hausse spectaculaire du cours de l’or n’est qu’un élément, mais il impacte évidemment nos achats et la gestion de notre stock. Nous dépendons de nos fournisseurs qui s’efforcent de stabiliser leurs tarifs, mais aux dépens de nos marges. » « La prudence est de mise ; il n’y a pas de place pour les projets fous », tel est le credo de Maxime. Ce qui ne l’empêche pas de se tenir à l’affût des opportunités et de bien les soupeser. « Pas une semaine ne passe sans qu’on soit sollicité par des marques qui aimeraient être vendues chez nous. Mais on garde les pieds sur terre. Notre priorité va aux nouveautés de nos fournisseurs de longue date – songez à notre concept, rare, de boutique sans porte, ni seuil… »

Professionnalisation continue

« Notre secteur exige de nos collaborateurs en boutique un profil spécifique, explique Maxime. Très différent, par ex., d’une boutique de vêtements. Il faut avoir une excellente connaissance des produits et se montrer passionné. Et vu que nous proposons une quinzaine de marques de montres de luxe, il faut pouvoir dérouler tout un storytelling. » Faire en sorte que les équipes soient “up to date” est un défi relevé, en interne, e.a. via des évaluations régulières. « Mon frère Frédéric s’occupe à mi-temps des formations, ajoute Maxime. Nos fournisseurs assurent des cours de perfectionnement et de remise à niveau sur les marques. À quoi s’ajoute souvent du e-learning, bien pratique. »

 

La présence online et l’e-shop sont un autre aspect de la professionnalisation continue. « L’e-commerce a commencé à se développer pendant mes études, se souvient Maxime. J’ai compris que c’était l’avenir et qu’il ne fallait surtout pas rater le coche ! » Et c’est valable également pour le logiciel ERP (Enterprise Resource Planning). « Il n’existe rien de standard pour notre secteur, poursuit Maxime. Au bout de 25 ans, le système en place était obsolète. J’ai donc mené ma petite étude de marché. Ça n’a pas été évident, surtout parce qu’il fallait trouver un logiciel en phase avec notre e-shop, mais là tout est opérationnel. » « Nous vendons des produits à forte charge émotionnelle et l’aspect humain est primordial, conclut-elle. S’entourer des bonnes personnes, motivées et passionnées, est essentiel pour garantir notre succès à tous. Nous avons une chance folle d’avoir des collaborateurs fidèles ! »